
Vous préparez votre permis de conduire ? Vous êtes en conduite accompagnée (AAC), en conduite supervisée (CS) ou vous venez tout juste d’obtenir votre permis ? Une question revient de plus en plus souvent : un jeune conducteur peut-il conduire une voiture puissante ?
Jusqu’à présent, aucune loi ne fixait de limite de puissance pour les titulaires d’un permis probatoire. Seules les compagnies d’assurance pouvaient imposer certaines restrictions ou appliquer des surprimes.
Une nouvelle loi prévoit désormais de limiter l’accès des jeunes conducteurs à certaines voitures puissantes. Mais est-elle déjà pleinement applicable ? Qui cette nouvelle réglementation concernera-t-elle ? Et qu’est-ce qui va réellement changer ?
Faisons le point.
Voiture puissante et jeune conducteur : ce qui va changer
Face à plusieurs accidents graves impliquant de jeunes conducteurs au volant de véhicules très performants, le législateur a souhaité renforcer la sécurité routière.
La loi RIPOST prévoit désormais d’interdire aux conducteurs en période probatoire de conduire certaines voitures considérées comme puissantes.
L’objectif est simple : permettre aux jeunes conducteurs d’acquérir davantage d’expérience avant de prendre le volant de véhicules aux performances particulièrement élevées.
La nouvelle réglementation vise les conducteurs titulaires d’un permis probatoire.
Voiture puissante et jeune conducteur : une interdiction encore en attente de précisions
Si le principe de cette interdiction est bien prévu par la loi, un décret d’application doit encore fixer le seuil de puissance des véhicules concernés.
À ce jour, le Gouvernement n’a pas encore publié ce seuil de puissance. Il permettra de déterminer précisément quelles voitures entreront dans le champ d’application de cette nouvelle réglementation.
Autrement dit, la loi prévoit cette interdiction, le Gouvernement doit encore préciser certaines modalités d’application.
Voiture puissante et jeune conducteur : pourquoi limiter leur utilisation ?
Obtenir son permis de conduire signifie que l’on maîtrise les bases de la conduite.
En revanche, l’expérience s’acquiert progressivement au fil des kilomètres.
Une voiture très puissante peut notamment :
- accélérer beaucoup plus rapidement ;
- atteindre des vitesses élevées en quelques secondes ;
- rendre certaines erreurs plus difficiles à rattraper.
L’objectif de cette réforme est donc de réduire les risques liés au manque d’expérience des conducteurs novices.
Quels jeunes conducteurs seront concernés ?
Cette mesure vise les conducteurs titulaires d’un permis probatoire.
Lorsque le décret sera publié, il précisera notamment :
- les véhicules concernés ;
- le seuil de puissance retenu ;
- les modalités d’application de cette interdiction.
La loi prévoit également des sanctions pour les personnes ou les professionnels qui mettraient volontairement un véhicule concerné à la disposition d’un jeune conducteur.
La conduite accompagnée (AAC) est-elle concernée ?
La nouvelle réglementation ne concerne pas la conduite accompagnée (AAC). En effet, l’élève n’est pas encore titulaire du permis de conduire et reste sous la responsabilité d’un accompagnateur.
En revanche, dès l’obtention du permis, le conducteur entre en période probatoire (2 ans après une formation en conduite accompagnée, contre 3 ans après une formation traditionnelle). C’est à partir de ce moment-là que cette nouvelle réglementation pourra s’appliquer.
Ce qui ne change pas
Cette réforme ne modifie pas les autres règles applicables aux jeunes conducteurs.
Les limitations de vitesse restent identiques :
- 110 km/h sur autoroute lorsque la vitesse est limitée à 130 km/h ;
- 100 km/h sur les routes limitées à 110 km/h ;
- 80 km/h sur les routes bidirectionnelles sans séparateur central lorsque la limitation générale est de 90 km/h.
Le taux d’alcool maximal autorisé reste fixé à 0,2 g/L de sang, et la durée du permis probatoire demeure inchangée.
L’œil de l’enseignant
La puissance d’un véhicule ne provoque pas un accident à elle seule.
En revanche, lorsqu’un conducteur manque encore d’expérience, elle peut rendre certaines situations beaucoup plus difficiles à gérer.
Les premières années de conduite permettent d’acquérir les automatismes, l’anticipation et la capacité à réagir face aux imprévus. Commencer avec un véhicule raisonnablement motorisé est souvent le meilleur moyen de développer ces compétences en toute sécurité.
Le conseil de CAR’rément Permis
Obtenir son permis n’est que le début de l’apprentissage.
Les premiers milliers de kilomètres sont essentiels pour acquérir de l’expérience et développer de bons réflexes.
Quel que soit votre véhicule, privilégiez toujours une conduite souple, progressive et adaptée aux conditions de circulation.
En résumé
- La nouvelle loi prévoit de limiter l’accès des jeunes conducteurs à certaines voitures puissantes.
- Cette nouvelle réglementation vise les conducteurs titulaires d’un permis probatoire.
- Un décret doit encore fixer le seuil de puissance des véhicules concernés.
- En revanche, les autres règles du permis probatoire (limitations de vitesse, alcoolémie, durée de la période probatoire…) restent inchangées.