Téléphone au volant : votre permis peut désormais être suspendu, même sans autre infraction

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135 € d’amende et 3 points en moins : c’est la sanction que la plupart des conducteurs associent encore au téléphone au volant. Mais désormais, la suspension du permis pour téléphone au volant est également possible, même sans autre infraction.

Depuis fin septembre 2026, une mesure concernant le téléphone au volant fait beaucoup parler. Pourtant, entre « retrait de permis », « rétention immédiate », « suspension de 15 jours » ou encore « nouvelle loi », les informations qui circulent peuvent facilement prêter à confusion.

Alors, peut-on vraiment perdre son permis simplement pour avoir tenu son téléphone en conduisant ?

Oui, une suspension est possible. Mais elle n’est pas forcément immédiate et, surtout, la procédure n’est pas la même selon que le téléphone est la seule infraction constatée ou s’il est associé à une autre infraction au Code de la route.

On vous explique.

Téléphone au volant : quelles sont les sanctions ?

L’article R412-6-1 du Code de la route interdit l’usage d’un téléphone tenu en main par le conducteur d’un véhicule en circulation.

L’infraction est notamment sanctionnée par :

  • une amende forfaitaire de 135 € ;
  • un retrait de 3 points sur le permis de conduire ;
  • et elle est également susceptible d’entraîner une suspension du permis de conduire.

Mais c’est justement sur cette dernière sanction que les choses évoluent en 2026.

Téléphone au volant seul : le préfet peut suspendre votre permis.

Qu’est-ce qui change en 2026 ?

La possibilité juridique de suspendre le permis pour cette infraction existait déjà.

La nouveauté réside dans la généralisation du recours à la suspension administrative sur l’ensemble du territoire.

Le 29 septembre 2026, une instruction a été adressée aux préfets afin de généraliser le recours à la suspension administrative du permis pour les conducteurs utilisant un téléphone tenu en main au volant.

Cette politique était auparavant déjà appliquée dans plusieurs départements.

Désormais, les situations doivent être examinées par l’autorité préfectorale sur l’ensemble du territoire, le préfet restant décisionnaire de la suspension et de sa durée.

Votre permis est-il retiré immédiatement lors du contrôle ?

Non, lorsque le téléphone tenu en main constitue la seule infraction constatée.

Les forces de l’ordre constatent l’infraction et établissent un procès-verbal.

Le conducteur ne fait pas l’objet de la rétention immédiate prévue dans certaines situations de cumul d’infractions que nous verrons plus bas.

Le dossier est transmis à l’autorité préfectorale afin que la situation soit examinée.

Sur le fondement de l’article L224-7 du Code de la route, le préfet peut alors décider d’une suspension administrative du permis de conduire.

La suspension n’est donc pas décidée directement par le policier ou le gendarme ayant constaté l’infraction et elle n’est pas automatique : la décision appartient au préfet.

Téléphone au volant : la suspension est-elle vraiment de 15 jours ?

C’est probablement le chiffre que vous avez le plus vu circuler ces derniers jours.

Mais 15 jours n’est pas une nouvelle durée de suspension automatique inscrite dans le Code de la route.

Dans les départements qui appliquaient déjà le dispositif, 15 jours était une durée fréquemment retenue.

La durée est cependant décidée au cas par cas par l’autorité préfectorale et peut être plus importante selon la situation : la suspension administrative peut aller jusqu’à 6 mois.

Téléphone seul : que se passe-t-il concrètement ?

Le parcours peut donc être résumé ainsi :

Téléphone tenu en main → verbalisation → 135 € d’amende + retrait de 3 points → examen du dossier par l’autorité préfectorale → suspension administrative éventuelle, pouvant aller jusqu’à 6 mois.

Mais il existe un deuxième cas dans lequel les conséquences peuvent être beaucoup plus immédiates.

Téléphone + une autre infraction : attention à la rétention immédiate du permis

Le Code de la route prévoit un dispositif spécifique lorsqu’un conducteur utilise un téléphone tenu en main et commet simultanément certaines autres infractions.

L’article L224-1 du Code de la route prévoit la rétention immédiate du permis de conduire lorsque le véhicule est intercepté et que l’usage du téléphone tenu en main est constaté simultanément avec l’une des infractions prévues par l’article R224-19-1.

Dans ce cas, il ne s’agit donc pas simplement d’une possibilité laissée à l’appréciation du policier ou du gendarme.

Lorsque les conditions prévues par le Code sont réunies, le permis est retenu immédiatement à titre conservatoire.

Quelles infractions associées au téléphone au volant entraînent la rétention du permis ?

L’article R224-19-1 du Code de la route vise notamment :

  • certaines infractions liées aux changements de direction ;
  • le non-respect des distances de sécurité ;
  • le franchissement ou le chevauchement d’une ligne continue ;
  • le non-respect des feux de signalisation ;
  • certaines infractions relatives à la vitesse ;
  • certaines infractions liées au dépassement ;
  • le non-respect d’un STOP ou d’un cédez-le-passage ;
  • le refus de priorité à un piéton.

La condition est essentielle : l’usage du téléphone et l’autre infraction doivent être constatés simultanément et le véhicule doit être intercepté.

Un exemple concret

Vous conduisez avec votre téléphone tenu en main et vous franchissez au même moment un feu rouge.

Les forces de l’ordre vous interceptent.

Les conditions prévues par le Code étant réunies, votre permis est retenu immédiatement.

Même principe, par exemple, si l’usage du téléphone tenu en main est associé au non-respect d’un STOP ou d’une distance de sécurité.

Le préfet décide ensuite des suites administratives et peut prononcer une suspension du permis.

Rétention ou suspension du permis : quelle différence ?

Les deux termes sont souvent utilisés indifféremment. Pourtant, juridiquement, rétention et suspension ne désignent pas la même chose.

La rétention du permis

La rétention est une mesure conservatoire appliquée immédiatement par les forces de l’ordre dans les situations prévues par le Code de la route.

Dans le cas qui nous intéresse :

Téléphone tenu en main + infraction prévue par R224-19-1 + interception du véhicule = rétention immédiate du permis.

La suspension administrative du permis

La suspension administrative est une décision prise par le préfet.

Elle interdit au conducteur de conduire pendant une durée déterminée.

Elle peut notamment intervenir après une rétention, mais également désormais dans le cas du téléphone tenu en main seul, après examen du procès-verbal et sans qu’il y ait eu de rétention immédiate lors du contrôle.

Une infraction du R224-19-1 peut-elle déjà entraîner une suspension sans téléphone ?

Oui, pour certaines d’entre elles.

C’est une nuance importante.

Certaines infractions figurant dans la liste de l’article R224-19-1 sont elles-mêmes susceptibles d’entraîner une suspension du permis.

Prenons l’exemple du non-respect des distances de sécurité.

Même commise sans téléphone, cette infraction entraîne notamment un retrait de 3 points et peut également être assortie d’une peine complémentaire de suspension du permis pouvant aller jusqu’à 3 ans.

Cela ne signifie cependant pas que les forces de l’ordre retiennent systématiquement le permis immédiatement.

C’est justement la particularité du cumul avec le téléphone : lorsque l’usage du téléphone tenu en main et l’une des infractions prévues par R224-19-1 sont constatés simultanément et que le véhicule est intercepté, le Code prévoit la rétention immédiate du permis.

Suspension du permis pour téléphone au volant : ce qui change vraiment en 2026

Contrairement à ce que certains titres pourraient laisser penser, il ne s’agit pas d’une nouvelle loi créant soudainement la suspension du permis pour téléphone au volant.

La possibilité juridique existait déjà.

Le changement de septembre 2026 réside dans la volonté de généraliser sur l’ensemble du territoire le recours à la suspension administrative pour le téléphone tenu en main seul, alors que cette pratique était auparavant mise en œuvre dans certains départements.

Le téléphone tenu en main peut donc aujourd’hui avoir des conséquences bien plus importantes que les traditionnels 135 € d’amende et 3 points en moins.

Téléphone au volant : le vrai risque n’est pas de perdre 3 points

135 € d’amende, 3 points en moins ou une éventuelle suspension du permis ne sont finalement que les conséquences administratives de l’usage du téléphone au volant. Le risque le plus grave est ailleurs : celui de provoquer un accident et de mettre en danger sa vie et celle des autres.

Le téléphone détourne à la fois le regard, les mains et l’attention du conducteur. Selon la Sécurité routière, une personne qui téléphone en conduisant enregistre environ 30 % d’informations en moins sur son environnement. Le temps de réaction augmente, le champ de vision se réduit et le maintien de la trajectoire devient plus difficile. Sécurité Routière

Lire un message en conduisant multiplie par 23 le risque d’accident. Il suffit pourtant de quelques secondes : détourner les yeux de la route pendant 5 secondes à 50 km/h, c’est parcourir environ 70 mètres sans regarder réellement ce qui se passe devant soi. Sécurité Routière

Un piéton qui traverse, un véhicule qui freine brusquement, un cycliste, un enfant qui débouche sur la chaussée… en quelques secondes, les conséquences peuvent devenir dramatiques.

Aucun message, appel ou notification ne mérite de provoquer un accident, de blesser quelqu’un ou de lui ôter la vie.

Le bon réflexe : avant de démarrer, activez le mode conduite ou “Ne pas déranger”, placez votre téléphone hors de portée et, si vous devez vraiment l’utiliser, arrêtez-vous dans un endroit autorisé et sécurisé.

Téléphone au volant : ce qu’il faut retenir

📱 Téléphone tenu en main seul

  • 135 € d’amende
  • retrait de 3 points
  • pas de rétention immédiate au titre du cumul d’infractions
  • examen de la situation par l’autorité préfectorale
  •  suspension administrative possible, décidée par le préfet et pouvant aller jusqu’à 6 mois

📱 + 🚦 Téléphone + l’une des infractions prévues par R224-19-1

  • sanctions propres à chacune des infractions
  • téléphone tenu en main + autre infraction constatée simultanément + véhicule intercepté = rétention immédiate du permis
  • décision du préfet concernant la suspension du permis.

Une chose est donc certaine : aujourd’hui, utiliser son téléphone au volant ne signifie plus seulement risquer 135 € et 3 points. Dans certaines situations, c’est également son droit de conduire que l’on peut perdre temporairement.

Et surtout : le risque sur la route

  • le téléphone détourne le regard et l’attention de la conduite
  • quelques secondes d’inattention peuvent suffire pour provoquer un accident
  • à 50 km/h, 5 secondes sans regarder la route = environ 70 mètres parcourus
  • lire un message peut multiplier par 23 le risque d’accident

Chez CAR’rément Permis, on suit la route… et ses évolutions

Chez CAR’rément Permis, nous suivons de près les évolutions du Code de la route et de la réglementation afin de vous proposer une information claire, fiable et à jour. Parce qu’apprendre à conduire, ce n’est pas seulement réussir son permis : c’est aussi comprendre les règles, leurs évolutions et adopter les bons réflexes pour conduire en toute sécurité.

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Sources officielles

  • Code de la route — article R412-6-1 : usage du téléphone tenu en main.
  • Code de la route — article L224-1 : rétention du permis.
  • Code de la route — article L224-2 : suspension après rétention.
  • Code de la route — article L224-7 : pouvoir du préfet de prononcer une suspension administrative.
  • Code de la route — article L224-8 : durée de la suspension administrative du permis.
  • Code de la route — article R224-19-1 : infractions commises simultanément avec l’usage du téléphone tenu en main.